DONNER NAISSANCE EN LIBERTÉ - DE LA DOULEUR
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Sans aucun doute, même avant les risques possibles, l’argument de la douleur est avancé lors des discussions sur l’accouchement. Il est évident que la péridurale est exclue en cas d’accouchement à la maison. Il ne faut pas croire que toutes les femmes qui font ce choix le font par sado-masochisme ou bien pour perpétrer le sacro saint adage « tu enfanteras dans la douleur ». Il ne faut pas croire non plus qu’elles ne craignent pas cette douleur. Par ailleurs, parler de douleur est délicat, car elle est relative à chacune. POURQUOI ? Avant de chercher des solutions il s’agit de savoir pourquoi cette douleur existe. Pour permettre le passage du bb, les ligaments de l’utérus s’étirent, et de ce fait, agissent sur les articulations des os du bassin, et par ailleurs tous les tissus du périnée se détendent de la même façon. Pour ces raisons, l’accouchement ne devrait pas être accéléré afin de permettre à tous les organes en jeu de se modifier correctement. On ne devrait pas aller à l’encontre des sensations de poussée (ou de non poussée) ressenties par la mère lors du travail. Tout élément stressant (voir passage « aspect humain ») devrait être éliminé afin de permettre au corps tout entier de se détendre au maximum. Tout le travail préalable devrait donner la possibilité d’appréhender cette douleur, de ne pas aller contre mais avec. Il ne faudrait pas résister, se contracter, mais au contraire l’accepter pour que les transformations dont elle est le signe soient plus efficaces. Un ou une bonne accompagnante devrait encourager la mère dans cette approche. Si toutes ces conditions étaient réunies alors la douleur, faute d’être amenuisée, serait plus facile à supporter, à vivre tout simplement. Dans son texte « Naître en enfer » -Le mythe de la sécurité de l'accouchement à l'hôpital, Jock Doubleday cite ceci : La science a conclu que la peur est certainement un déterminant majeur de la douleur lors de l'accouchement. Nancy Griffin écrit dans The Epidural Express: Real Reasons Not to Jump on Board (Mothering Magazine, printemps 1997) que: La raison principale de la douleur dans un accouchement normal est [...] le syndrome peur-tension-douleur. [...] Notre organisme nous fournit de puissants instincts durant l'accouchement. Le premier est le besoin de se sentir en sécurité et protégé. […] Les humains pourraient atteindre plus facilement un stade de relaxation en fermant les yeux et en faisant des respirations abdominales. Cette relaxation ralentit aussi les ondes du cerveau de la femme accouchante dans ce qu'on appelle un état alpha, état dans lequel il est virtuellement impossible de relâcher de l'adrénaline, l'hormone de la peur. Le besoin de confort physique devient critique, comme celui d'avoir un "nid" prêt pour le bébé. L'environnement hospitalier provoque souvent de nombreuses intrusions non-intentionnelles dans l'atmosphère de la naissance en imposant un éclairage excessif, beaucoup de monde, du bruit, des examens, et des machines suscitant la peur. Comment au juste la peur de la mère peut-elle susciter de la douleur? Griffin explique: Le muscle utérin est admirablement conçu pour négocier efficacement avec le danger, la peur et le stress durant le travail. L'utérus est le seul muscle du corps qui contient en lui-même deux groupes de muscles opposés -- un qui induit et poursuit le travail, et l'autre qui stoppe le travail si la mère est en danger ou effrayée. Le stress émotionnel ou physique signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse s'enfuir en sécurité. En nos temps modernes, ça se détraque. Nous ne pouvons fuir nos peurs -- qui peuvent inclure les "histoires d'horreur" de nos amies à propos de leurs accouchements -- ni nous enfuir de notre hôpital ni loin de notre médecin. Alors, il y aura un relâchement d'adrénaline qui causera la contraction des muscles circulaires courts dans le tiers inférieur de l'utérus. Ces muscles sont responsables de l'arrêt du travail en fermant et en serrant le col. Le résultat sera que nous "mijotons" littéralement dans l'adrénaline. En même temps que les fibres musculaires longues et droites se contractent pour effacer et dilater le col, les fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour fermer le col et "combattent" le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux muscles très puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante a une contraction. Ayant établi un lien direct entre la peur et la douleur, Griffin conclut: En apprenant la relaxation profonde au niveau mental, physique et émotionnel; en confrontant activement nos peurs liées à l'accouchement et en choisissant un environnement de naissance dans lequel elle se sent protégée et en sécurité, la femme accouchante n'aura pas à expérimenter la douleur traumatique du syndrome "peur-tension-douleur".[http://www.naissance.ws] AGIR AVEC ? Il existe cependant des méthodes de soulagement, (quid de les appliquer au moment M ? à chacune de voir ). - La sophrologie. Utile dans bien d’autres cas que l’accouchement, elle permet de visualiser la région douloureuse, d’accompagner le travail, de le rendre efficace. Le seul petit inconvénient est qu’il faut de longues heures de pratique pour observer un effet positif. - L’activité. Ne pas attendre passivement afin de ne pas focaliser sur la douleur. On peut se reposer, mais aussi prendre un bain, marcher, tricoter, préparer un gateau à déguster lorsque tout sera terminé etc … - Se nourrir. Un accouchement, surtout si le travail est long, demande une énergie considérable. Afin de ne pas épuiser ses ressources dés le début, manger des aliments légers, faciles à absorber, et boire beaucoup. Sheila Kitzinger dans son livre « naissance à la maison » explique que dans beaucoup de cultures, on prépare des aliments spéciaux pour donner de la force à une femme en travail. Au Pakistan, cela peut être une purée de dates et de graines de sésame, en Chine une soupe de poulet au gingembre, du jus de figue en Colombie, et aux Caraïbes un thé épicé qui a un effet sur les occytocines (hormones de déclenchement du travail). - Elle explique aussi qu’il faut bouger et changer souvent de position pour stimuler l’activité utérine et encourager le bébé à descendre et tourner le sommet de sa tête vers le col de l’utérus. - Prenez un bain ou une douche pour vous rafraîchir et vous aider à vous relaxer. - Les massages apportent un réel réconfort. Nul besoin d’avoir un doctorat en la matière, de simples pressions sur les régions douloureuses, dos par exemple, suffisent. Le calme et le réconfortque l’on peut ressentir de la part de l’entourage (« Tu fais très bien, le bébé va bien, ça ne fait rien si le travail est lent ») peut être une aide précieuse face à cette douleur. On ne devrait avoir aucune pression lors d’un accouchement. TÉMOIGNAGES « C'est fascinant, il n'y a pas une contraction qui soit semblable à une autre. Elles sont toutes uniques. Chaque contraction est unique. Je dois accepter et vivre chacune d'elle dans ce qu'elle est d'unique car elle ne repassera pas. Et me refermer ou refuser l'une d'elle, c'est me refuser l'intensité du moment présent et l'ouverture qui grandit Un accouchement, c'est comme un chemin de vie qui est condensé en quelques heures. On y vie des doutes, des émotions, des peurs, des joies,... » Par Jacinthe Bourque décembre 1996 « Il était neuf heures du soir, et les premières contractions étaient tellement fortes, que j'ai commencé par paniquer. Je n'avais jamais voulu ni eu de médicaments pour endormir la douleur, et me voilà en train de réclamer une péridurale. C'était la première fois que j'étais à la maison, et que ce n'était pas possible d'en avoir ! Mon mari, me voyant me plaindre, voulait que nous appellions tout de suite la sage-femme. Moi, j'avais peur de me retrouver encore une fois en faux travail. Je suis allée dans la baignoire, pour voir si les contractions s'arrêtaient. Elles étaient assez régulières (toutes les quatre minutes) et fortes. En me détendant mieux, je me suis vite calmée, et j'ai ri de l'idée de la péridurale. Cela faisait toujours mal, mais le fait de me détendre tout à fait m'aidait à supporter la douleur. » http://perso.wanadoo.fr/gamelin/corinne.htm LA DOULEUR EN JEU La position dans laquelle on se met est le point le plus important. En milieu hospitalier, nul mouvement, d’où la douleur inévitable. En changeant de postition à chaque fois qu’on le souhaite, en trouvant celle où c’est le plus supportable, on joue, en quelque sorte, au chat et à la souris avec elle. Cette douleur a tout de même une particularité si on la compare à toutes les autres : elle se justifie et se « gratifie » d’un aboutissement. Pourquoi ne pas employer d’autres termes : force, énergie, puissance … et pourquoi pas plaisir de l’enfantement ?. Plaisir de sentir son corps en action, plaisir d’être le seul acteur d’un moment crucial de sa vie. Le livre du ça - Georg GRODDECK - publié pour la première fois en 1923 Extrait de la page 48 à 55 - Editions Gallimard ; collection Tel Traduit de l’allemand par L. Jumel Avez-vous déjà assisté à un accouchement? Il y a un fait tout à fait étrange : la parturiente gémit, crie, mais son visage est rouge, fiévreusement surexcité et ses yeux ont ce rayonnement extraordinaire qu'aucun homme n'oublie quand il l'a suscité chez une femme. Ce sont des yeux singuliers, curieusement voilés, exprimant l'enivrement. Et qu'y a-t-il de remarquable, d'incroyable, à ce que la douleur soit une volupté, une suprême volupté? Seuls, ceux qui flairent partout la perversion et les plaisirs contre nature ne savent pas ou font semblant d'ignorer que la grande volupté s'accompagne de douleur. EST CE QUE LA PÉRIDURALE "VAUT VRAIMENT LE COUP" ? Il semble que la péridurale induise de multiples interventions qui n’auraient pas été si le processus avait suivi son cours. En premier lieu, il est quasiment inévitable qu’il y ait accélération du travail voire déclenchement par injection d’hormones de synthèse, pour des questions de planning de l'anesthésiste. L’injection ralentit assez souvent la dilatation, il va alors falloir administrer des ocytociques (hormones de synthèses remplaçant celles que le cerveau aurait sécrété s’il n’avait été déconnecté de l’utérus) Et, dans bien des cas, la mère ne participant pas à la naissance, le bb devra être extrait par forceps ou ventouses. Il y aura alors épisiotomie (incision du périnée) dont on ressent les tiraillements pendant environ 3 semaines et cela n’est que la partie visible de l’iceberg des dégâts qui peuvent en résulter. [http://www.naissance.ws/liste/mutilations.htm] On peut alors se poser la question de la pertinence de la suppression de cette douleur qui ne dure, finalement, que quelques heures, mais qui amènenent des bouleversements qui durent toute une vie … Dans son texte « Naître en enfer » -Le mythe de la sécurité de l'accouchement à l'hôpital, Jock Doubleday écrit encore : Etudions donc les risques associées à l'administration de drogues analgésiques durant l'accouchement, en commencant par les risques pour l'enfant in utero. Nancy Griffin (Mothering Magazine, printemps 1997) écrit: Tous les dosages d'analgésiques sont déterminés par le poids corporel de la mère... Comme le poids de la mère est approximativement 20 fois celui de son enfant non-né à terme, il y a presque toujours un risque que son enfant reçoive une dose trop élevée -- peut-être le fait le plus préoccupant quand on parle de l'usage de médicaments durant l'accouchement. Après la naissance, le nouveau-né métabolise ces médicaments partiellement via ses fonctions hépatiques. Comme le nouveau-né arrive dans le monde avec un foie immature, la métabolisation des médicaments augmente l'incidence et la gravité de la jaunisse néonatale. L'ouvrage de référence des médecins (Physician Desk Reference, PDR) [équivalent du "Vidal", NDLT], qui sert de référence pour toute information au sujet des médicaments, leur usage, les précautions, effets secondaires, etc., indique à propos des dérivés de caïne utilisés dans les péridurales: "Les analgésiques locaux traversent rapidement la barrière placentaire (par diffusion passive), et lorsqu'ils sont utilisés pour des blocs épiduraux, l'anesthésie peut causer, à divers degrés, une toxicité maternelle, foetale et néonatale. Les réactions adverses dans la mère et le bébé entraînent une altération du système nerveux central, du tonus vasculaire périphérique, et de la fonction cardiaque." Les recherches effectuées dans les cinq dernières années (1992-1997) sur les effets sur les nouveaux-nés de l'analgésie péridurale montrent que la péridurale provoque de plus mauvais résultats neuro-comportementaux, une diminution du tonus et de la force musculaire, qui affecte sa capacité de succion, ce qui peut amener des difficultés d'allaitement, une dépression respiratoire, une plus grande incidence de variabilité cardiaque, et par le fait même une augmentation de l'usage des forceps, ventouses, césariennes et épisiotomies. Griffin nous donne une liste des effets secondaires pour la mère: Le PDR nous donne la liste suivante d'effets secondaires possibles du côté maternel pour les dérivés de caïne: hypotension, rétention urinaire, incontinence fécale et urinaire, paralysie des extrêmités inférieures, maux de tête, maux de dos, méningite septique, ralentissement du travail, besoin acrru de forceps ou de ventouse, paralysie des nerfs crâniens, réactions allergiques, dépression respiratoire, nausées, vomissements et convulsions. Une revue de la littérature scientifique rapporte qu'en moyenne 70% des femmes qui recoivent une péridurale durant le travail font aussi l'expérience de ses effets secondaires. Les plus communs sont: la rétention urinaire post-natale, de sévères maux de dos, une perte de motricité, un travail prolongé, un mauvais positionnement du bébé à la fin du deuxième stade, de l'hypotension, et chez le bébé, une médiocre organisation motrice. Des risques très rares mais non négligeables incluent des traumatismes aux fibres nerveuses, si l'aiguille de la péridurale perfore un nerf et que le liquide y pénètre directement; une surdose de médicament qui résulte en une profonde hypertension avec arrêt respiratoire et cardiaque, et décès possible, une toxicité du système nerveux central résultant d'une injection directement dans la veine épidurale. La péridurale augmente les coûts de soins de santé maternels et néonataux, ainsi que la responsabilité légale des professionnels de la santé. D'autres interventions médicales, comme la perfusion intraveineuse, un monitoring foetal continu, l'usage de médication additionnelle, un cathéter vésical, une vérification fréquente de la tension artérielle, l'administration continue d'oxygène, des forceps, ventouses et épisiotomies deviennent souvent nécessaires en plus des soins médicaux requis pour une péridurale. Elle peut prolonger le travail, amenant possiblement le besoin d'accélerer les choses avec la pitocine, une hormone artificielle qui imite l'action de l'ocytocine, l'hormone naturelle qui déclenche le travail et provoque les contractions utérines. Voilà le type d'argument qui était évoqué contre l'usage de la péridurale en 1999. Alors bien sûr, il restera toujours des irréductibles qui se demanderont pourquoi prendre le chemin le plus compliqué alors qu’on peut opter pour plus simple. Pas si sûr. Combien de cas de péridurale où l’effet escompté n’est pas là et les douleurs de l’enfantement se doublent de celles de l’anesthésie ratée ? Combien de points de suture faits à vif parce que les effets de la péridurale ont disparu et qu’il n’est pas question d’administrer un produit supplémentaire ? La péridurale atténue la douleur mais ralentit le processus. C’est l’histoire des vases communicants. Quid de ces témoignages où pour deux accouchements, la même femme préfèrera celui où elle n’a pas été anesthésiée ? Des questions auxquelles chacune trouvera sa propre réponse.
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